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Le compositeur belge Henri Pousseur est décédé

 Henri Pousseur, un rêve éveillé

Evoquer le travail du compositeur Henri Pousseur, c’est un peu comme traverser un siècle d’aventure musicale contemporaine les oreilles et les yeux grands ouverts, en débusquant les liens improbables entre écriture pointilleuse et architecture sonore, entre quintessence instrumentale et expérience électro-acoustique.

 

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MUSIQUES ELECTRONIQUES: La connection mexicaine Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
12-03-2007

Lorsque l'on évoque le Mexique, c'est d'abord une succession d'images — au sens strict de clichés — qui nous viennent à l'esprit. L'empire Aztèque. Les pyramides Mayas. Mexico, mégapole tentaculaire de plus de 20 millions d'habitants. Le café (du Yucatan, svp !). Acapulco. 1968. La tequilla. Le maïs. Les haricots rouges. Pancho Villa. Zapata. Les indiens du Chiapas. Le sous-commandant Marcos (dûment cagoulé…). Et, plus récemment, la "commune" d'Oaxaca… Sans oublier pour les lettrés, derniers des mohicans dans un monde de plus en plus futile, Octavio Paz et Carlos Fuentes, par exemple

A priori, la musique électronique ne fait pas partie de cet Inventaire à la Prévert. Dommage car le Mexique compte de nombreux artistes qui font de la musique électronique sans "états d'âme" : hors de toute "géographie", comme leurs homologues polonais, allemands, canadiens ou suisses. La techno, l'electronica ou le dub étant universels… Ce constat est valable pour de nombreux pays d'Amérique du Sud. En particulier le Brésil que DJ Marky a révélé sur le plan de la drum-n-bass. Le Chili (où se déroulera une LoveParade cet été) d'où est originaire Ricardo Villalobos, acteur incontournable de la mouvance minimale berlinoise. L'Uruguay via le net-label Grhk.org. L'Argentine dont le label français Telegraph nous offre un aperçu au travers de l'anthologie Post Office Special Argentina Madness (feat. Gurtz, Franco Cinelli, Funzion, etc.).

ImageMais revenons au Mexique. La figure de proue de la scène électronique mexicaine est incontestablement Murcof . Il a acquis, à juste titre, une dimension internationale après avoir signé sur le label anglais Leaf (feat. Eardrum, Susumu Yokota, 310, Twisted Science, etc.). Sa musique subtile et intimiste, à la croisée de l'électro-acoustique et de l'electronica radicale, a de plus séduit Jan Jelinek, Deathprod, Sutekh, Icarus et Colleen qui n'ont pas hésité à le remixer sur des tempos et tonalités inattendues. Cette reconnaissance, qui se manifeste aussi par des collaborations en concert (notamment sur le mode jazzy avec Eric Truffaz et Talvin Singh), prouve, si besoin était, la qualité de son travail.
Le parcours discographique de Murcof passe également par Static Discos , un label moteur qui a en partie forgé sa renommée sur Internet. L'ensemble de sa production étant d'ailleurs disponible via des plateformes (légales) de téléchargement. Cette structure basée à Tijuana, ville phare du mouvement, est aussi le camp de base d'artistes en devenir comme le duo electro-pop Pepito (Jose Marquez & Ana Machado) et surtout Fax ; nominé aux Qwartz 3. De son vrai nom Ruben Tamayo, Fax pilote en parallèle le net-label Cyan Recs dédié à la "musique digitale d'aujourd'hui" (comprenez, selon la terminologie en vigueur, glitch, experimental, microhouse, minimal techno, digital dub…).

Signe des temps, les net-labels indépendants jouent un rôle prépondérant dans la reconnaissance de la scène électronique mexicaine en touchant en priorité les "prescripteurs" (DJs, journalistes, "otaku"…). Ainsi, les initiés connaissent Filtro où l'on retrouve, sous l'égide de Cristian Cardenas et son équipe, d'autres formations mexicaines qui surfent allègrement sur la vague "minimal-dub / clicks-n-grooves", faisant ainsi jeu égal avec les productions de l'Hémisphère Nord… Parmi les artistes affiliés à Filtro, on citera notamment Lao, Alvaro Ruiz, Emmerichk et Subnor, un peu plus abstrait (cf. Looking For Drugs In All The Wrong Places EP…). Des compilations — Bitflow et Region 4 — venant compléter ce tableau de famille (Plug, Karras In Dub, Bifidus, Sanchez Dub). Il est à noter que le développement futur de Filtro devrait s'incarner par l'édition de CDs.

Ce tour d'horizon nous porte aussi vers Diskos Konfort , autre net-label à proposer gratuitement des productions signées Zofa (soit Miguel González, le fondateur de cette officine), Androide, Flux (aka D-Konstruct), Victor Haus ou bien encore Hermetic Sound. Deux séries de recueil, aux intitulés explicites même pour ceux qui ne sont pas polyglottes, traduisent bien la politique éditoriale de Diskos Konfort : Minimas Texturas et Maximas Texturas. On y croise aussi Wakal dont les ambiances cuivrées et "cinématographiques" ont été relayées en France par MK2 Music. Dernier né, Mandorla propose de la musique un peu plus cérébrale et expérimentale en provenance du monde entier (d'Akira Rabelais à Christophe Bailleau).

On signalera aussi une initiative curieuse et intéressante, bien dans le cadre technologique de ce début de siècle : EM. Un festival de musique électronique en ligne, dont la programmation est donc relayée par des webradios (Radioglobal.org , etc.) avec des points de diffusions qui font le tour de la planète (Barcelone, Paris, etc.). Sans oublier le festival Radar, espacio de exploración sonora au coeur de Mexico, qui invitait Fred Frith, Otomo Yoshihide et Francisco López pour son édition 2007 Dans ce panel, nous avons mis l'accent sur des acteurs très spécifiques mais le Mexique n'est pas coupé du monde musical. Loin de là. Grâce à des sites ou distributeurs comme Discoteca , et surtout Hot-Cake , la crème des labels "technoïdes" européens sont présents (de Burial Mix à Traum en passant par Staubgold, Kompakt, Logistic, Ghostly…).

Enfin, dans un registre plus "overground", débordant largement des seules musiques électroniques, impossible de faire l'impasse sur Noiselab Records . Entre deux groupes locaux parfois pointus (Instituto Mexicano del Sonido ), on y trouvent sous licence des artistes internationaux, grand public, aux profils différents (Morrissey, Vitalic, Mogwai, Echo & The Bunnymen et The Libertines !?). Et puisque l'on parle d'audience, rappelons que le collectif à géométrie variable Nortec Collective , hébergé par le label Nacional Records , a rencontré un écho considérable en réconciliant musique traditionnelle mexicaine (norteño, tambora) et sonorités électroniques au travers de quelques Tijuana Sessions (Mil Records) restées dans les mémoires. Loin des clichés de Plaid, légende historique de Warp, mobilisant la figure du super-héros mexicain Super Barrio dans un morceau aux consonances "electro-latino" (cf. Greedy Baby avec Bob Jaroc) ou, dans un autre genre, de la "salade mexicaine", funky et hip hop, d'Up, Bustle & Out (Mexican Sessions sur Collision).


Laurent Diouf

 

sites:

Discos Konfort: www.discoskonfort.com

Discoteca: www.discotecaonline.net

Fax: http://faxmusik.com

Filtro: www.filtro.com.mx

Hot-Cake: www.hot-cakes.net

Instituto Mexicano del Sonido: www.institutomexicanodelsonido.com

Mandorala: www.mandorla.com.mx

Murcof: http://murcof.com/

Nacional Records: www.nacionalrecords.com

Noiselab Records: http://noiselab.com

Nortec Collective: www.norteccollective.com

Pepito: http://pepito.net

Radio Global: www.radioglobal.org

Static Discos: www.staticdiscos.com

Wakal: www.wakal.com

 

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